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INDISPENSABLES VERS DE TERRE

Le ver de terre représente une part importante de la biomasse de nos sols, environ 70%. En effet, dans une Terre en bonne santé il peut s’en compter un à trois millions par hectare. Ce qui, à l’échelle des Terres du globe, est considérable.
Cet insecte de la classe des invertébrés, est gage de fertilité et de salubrité dans une culture. Il intéresse d’ailleurs les scientifiques depuis bien des années, Charles Darwin lui a même dédié un ouvrage à la fin de ses recherches.
Mais que savons-nous de cette étrange petite bête, assez repoussante, qui n’a pas encore toute notre sympathie ?

DÉCOUVRIR LE VER DE TERRE

Tout d’abord le ver de terre est un super recycleur, il remonte la nuit pour se nourrir essentiellement de matière végétale morte, dont les feuilles et les racines. Il peut ainsi « recycler » jusqu’à six tonnes de matière organique par hectare et par an. Cette matière qu’il digère donne alors les nutriments essentiels pour la croissance des végétaux. Les fameux turricules de ver, les tortillons qu’il laisse à la surface, sont plein d’azote, de potassium et de phosphate ce qui aide à la croissance des plantes.

Le ver emporte aussi une partie de cette matière organique en profondeur où elle sera prédigérée par des micro-organismes. En creusant de nombreuses galeries, il permet aussi de laisser l’eau et l’air, irriguer et aérer le sol.
Le ver de Terre remonte les matières minérales et l’argile des profondeurs et digère la matière organique de surface. C’est ainsi que son intestin est la clé de la création du fameux complexe argilo-humique, dont il est le principal acteur.
Ils se trouvent trois types de vers aux tailles, couleurs et comportements différents :

– Les premiers sont les espèces anéciques, celles qui creusent de profondes galeries verticales. Elles vont et viennent entre les couches argileuses profondes et la surface nourricière. Ce sont celles qui permettent l’échange entre les argiles et la litière.
– Les deuxièmes sont les espèces endogées, qui creusent des galeries horizontales peu profondes. Elles complètent le travail d’aération et d’irrigation de la terre.
– Les troisièmes sont les espèces épigées, celles qui habitent à la surface, directement dans la litière de matière organique et la décomposent.
Ces trois types de vers de terre quadrillent de galeries la terre par leurs mouvements et ils méritent bien leur surnom « d’ingénieur du sol ».

L’aération et l’irrigation lient la Terre qui n’est pas compactée. Celle-ci supporte alors beaucoup mieux les fortes précipitations grâce à sa porosité et elle ne laisse plus place à l’érosion et à la disparition des sols dans les rivières. Tous les nutriments sont conservés, retenus, grâce à ce milieu travaillé par les vers.
Pour les plantes, il est un autre effet positif conséquent à la présence de vers de terre dans le sol. Par la création de galeries, ces invertébrés vont permettre de favoriser le développement des racines dans leur croissance. Les plantes vont alors pouvoir capter plus en profondeur, nutriments, minéraux et eau nécessaire à la Vie. Elles deviennent ainsi plus pérennes et développent une immunité supérieure aux plantes qui ont des racines trop courtes pour capter tous ces éléments essentiels.

OBSERVER LES VERS DE TERRE

Mais alors comment compter les vers de terre, dans son sol, si ces derniers se cachent ?
Une technique a été perfectionnée par des chercheurs suisses de l’Institut de recherche en agriculture biologique dans le cadre du projet “Better Gardens“, pour faire sortir les vers de terre sans pour autant leur faire de mal. Cette technique, utilisée par de nombreux biologistes à travers le monde, est celle de l’eau moutardée. Oui, une technique avec de la moutarde aussi étonnant que cela puisse paraître.

Il vous suffit d’enfoncer peu profondément dans la terre un cadre et de verser à l’intérieur, sur la terre, 10 litres d’eau avec un arrosoir dans lequel vous aurez dilué un petit pot de moutarde.
Les vers de terre, ne supportant pas la moutarde, remonteront ensuite dans les 10 premiers centimètres du sol et vous pourrez les rincer à l’eau sans moutarde pour les compter à la main. (Attention toutefois à ne pas les exposer à l’air libre sans humidité trop longtemps, car ils respirent avec leur peau grâce à cette humidité.)
Cette technique permet d’évaluer de manière proportionnelle la quantité de vers de terre qui habitent le sol. Grâce à de simples multiplications, selon votre étendue de terre, vous pourrez alors faire une évaluation approximative de leur population et ainsi avoir une idée de la santé de votre sol.

PRÉSERVER LE CAPITAL DU SOL

Le ver de terre offre la possibilité de régénérer une Terre appauvrie, ce qui en fait un allié majeur dans l’approvisionnement durable en nourriture des populations humaines.
Dans une terre qui n’accueille plus de vers, vous pouvez les réinviter en rendant un milieu de nouveau favorable à leur présence. Pour cela vous pouvez :

– Eviter de remuer la Terre trop profondément.
– Utiliser divers composts à répandre, mais à ne pas enfouir.
– Toujours couvrir le sol avec des restes de plantes et privilégier le couvert.
– Favoriser la rotation des cultures.

Plus un sol est riche en matière organique , plus il est riche en vers de terre et inversement. C’est un cercle vertueux.

Le ver de terre est un fantastique bioindicateur qui permet de mesurer la santé de la Terre, il assure la pérennité d’une culture agricole.

Après toutes ces découvertes, trouvez-vous le ver de terre plus sympathique ?

Crédit photo : Benoît Linero, Solen Delrue



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